Retards de paiement : une fatalité ?

    Par le 20 novembre 2017

    Les 4èmes assises des délais de paiement ont eu lieu ce 13 novembre. Organisées par l’État lui-même, ces assises conduisent à la remise des Prix des délais de paiement. Ils ont pour objectif de « mettre en lumière les entreprises et acteurs publics qui implémentent les process nécessaires à la réduction des délais de règlement ».

    Et le moins que l’on puisse dire est que les chiffres annoncés à cette occasion donnent le vertige :

    • selon le Figec, le crédit Interentreprises représente un montant de 635 milliards d’euros en France en 2017 ;
    • seules 43,4 % des entreprises françaises paient à l’heure leurs fournisseurs (Altares) ;
    • les retards de paiement sont à l’origine d’une défaillance sur trois !!

    Où en est-on en France sur les retards de paiement ?

    Selon une étude d’Altarès, la moyenne française passe en dessous des 11 jours après des années d’augmentation puis de quasi stagnation. Et la France fait mieux que l’Europe à 13 jours de retard de paiement. Mais pas de quoi pavoiser, ce sont quand même 11 jours de trop ! Pire, l’Etat français est très mauvais élève avec ses 12,9 jours en augmentation !

    Doit-on le rappeler ? Si payer avec un délai est normal, accepté, encadré ; ce qui n’est pas normal en revanche, c’est de payer en retard par rapport au délai contractuel. Qui plus est, c’est illégal.

    En termes d’impact, sans même parler de faillite, c’est l’obligation pour les fournisseurs de financer ces retards de paiement, des financements qui pourraient être utilisés autrement…

    Quelles solutions peut-on trouver ?

    • Du côté des entreprises acheteuses, et notamment chez les gros donneurs d’ordre : mettre en place des process de façon à fluidifier, organiser, accélérer les paiements.
    • Du côté des fournisseurs également : fournir des factures à temps tout simplement mais également fournir des factures claires et complètes.
    • Et des deux côtés : partager de l’information sur la manière dont sa facture va être traitée.

    En synthèse, c’est bien une histoire de collaboration entre les 2 entreprises en termes de processus administratif, et pas uniquement sur les habituelles questions de business et de développement.

    Terminons par une note optimiste :

    Le « premier de la classe », d’ailleurs salué aux 4èmes Assises, est la société Michelin : tout est relatif, le meilleur des meilleurs a encore 15% des factures réglées en retard et ambitionne de réduire ce taux à 8% d’ici 2 ans. Néanmoins, la lecture des bonnes pratiques mises en place par Michelin permet d’imaginer des solutions efficaces.

    2 conditions essentielles seront nécessaires pour y arriver :

    1. démultiplier une culture financière dans les entreprises, et notamment pour tous ceux qui participent au process de paiement des factures fournisseurs.
    2. et encore et toujours rappeler la juridiction : il est illégal de payer en retard !

    Pour aller plus loin :


     

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